ÉLECTRICITÉ À KINSHASA : ENTRE DÉFIS STRUCTURELS ET ATTENTES DES CONSOMMATEURS
De la lumière à l’obscurité, il ne suffit parfois que de quelques secondes.
Une scène devenue familière pour de nombreux Kinois, confrontés depuis des années aux délestages et aux coupures intempestives.
Dans cette capitale de plus de 15 millions d’habitants, les perturbations de la desserte électrique affectent aussi bien les ménages que les activités économiques, les établissements scolaires et les structures sanitaires.
Dans les quartiers, les interruptions de courant perturbent les activités et obligent de nombreux commerces et entreprises à recourir aux groupes électrogènes, entraînant des coûts supplémentaires.
À cette réalité s’ajoutent les préoccupations des abonnés, notamment en matière de desserte, de facturation, de raccordement et de maintenance du réseau. Autant de questions qui placent la qualité du service public d’électricité au cœur des attentes des Kinois.
Depuis septembre 2025, la Société nationale d’électricité (SNEL) est dirigée par Teddy Lwamba, ingénieur électromécanicien et docteur en génie électrique, qui avait déjà occupé le poste de directeur général adjoint de cette entreprise avant son passage au gouvernement.
Près d’un an après sa nomination, les défis de la desserte électrique restent au cœur des préoccupations à Kinshasa, malgré les initiatives engagées dans le secteur.
Pour autant, la situation ne peut être réduite aux seules performances du directeur général. La SNEL fait face à des contraintes qui touchent l’ensemble de la chaîne électrique : production, transport, distribution, maintenance des infrastructures et évolution de la demande.
En mai 2026, devant les députés, Teddy Lwamba avait notamment expliqué que l’augmentation de la demande en électricité contribuait aux délestages. Il avait également évoqué les difficultés liées au développement de nouvelles capacités de production.
Quelques mois plus tard, la SNEL a aussi cité la baisse du niveau des eaux à Inga, liée à l’étiage, parmi les facteurs affectant la production.
Ces explications mettent en évidence une réalité : disposer d’un important potentiel hydroélectrique ne suffit pas, à lui seul, à garantir une fourniture régulière d’électricité.
L’enjeu réside également dans les investissements, la modernisation des réseaux, l’entretien des infrastructures et la planification de l’offre face à une demande en constante évolution.
Dans cette équation, le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité conserve un rôle central dans l’orientation de la politique énergétique, tandis que la SNEL doit assurer, dans son périmètre, la qualité et la continuité du service.
À Kinshasa, la question est désormais simple : comment passer des explications aux résultats ?
Car pour les consommateurs, au-delà des contraintes techniques et des difficultés héritées du passé, l’attente reste la même : disposer d’une électricité plus stable, plus prévisible et d’un service public à la hauteur des besoins d’une capitale en pleine croissance.
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